vendredi 28 mars 2014

Que faire en 48 h à Porto?


Oui, bon, d'accord, pas de remontrances s'il vous plaît, je ne sais pas ce qui s'est passé mais j'ai disparu trois semaines alors même que je promettais d'écrire plus souvent. J'ai une longue liste d'excuses mais je ne vais pas perdre de temps à vous les énumérer, passons plutôt au billet du jour (qui explique en partie mon silence): mon week-end à Porto....



Voilà une ville où je n'aurais jamais pensé me rendre, mais voilà, une proposition qui ne se refuse pas, un cadeau pour mon anniversaire, et me voilà dans un avion Easyjet direction le Portugal, pays que je ne connaissais pas. J'ai adoré. C'était court, mais en même temps Porto n'est pas si vaste et on peut faire beaucoup de choses en 48 heures!



Dès notre arrivée, on a chaussé nos baskets pour arpenter la ville et s'imprégner de l'ambiance portugaise. Direction la vieille ville pour visiter le marché de Bolhão, réputé très typique. C'est tout petit et effectivement très typique. Les gens du coin viennent s'y approvisionner, ce n'est pas forcément un attrape-touristes, c'est surtout très joli. Des stands de poissons, de cochonnailles, d'olives, de tissus, de fruits et légumes, et un petit café au fond pour grignoter.



 

 

 

Pour déjeuner, nous avons opté pour une authentique boulangerie débordant de gâteaux colorés et de petits pains sucrés fourrés au fromage et au jambon ou au chorizo, mmmmmmh! C'est la Confeitaria do Bolhão, en face du marché, mais il y en a à chaque coin de rue. L'intérieur est spécial, à la fois joli avec ses peintures murales mais aussi un peu froid, avec sa télé et ses habituées!



 
Il y a quelques boutiques mais ne vous emballez pas pour le shopping, ce n'est pas à Porto que vous ferez des folies! Je crois qu'il y a une autre partie de la ville plus moderne (et un Outlet, El Corte Inglès, de l'autre côté du fleuve), mais dans ce coin, ce n'est pas ça....  Mais bon, les façades sont si joyeuses et certaines enseignes tellement drôles que c'est un plaisir de faire du lèche-vitrine... Les boutiques de mariage surtout sont à pleurer (Amour Glamour, c'est par ici)!


 



 

 

J'ai été déçue en revanche de la nourriture... J'adore le gratin de morue que fait ma copine portugaise P. et mon autre amie S. m'avait cuisinée une fois une poêlée de patates aux petits poulpes et chorizo à tomber... Je n'ai pas dû faire les bons choix sur la carte (pas simple quand on ne connaît rien, à part les beignets de morue). Vendredi soir, nous avons mangé au fameux Café Majestic, très joli, mais plutôt pour la journée, et le deuxième soir Chez Lapin (oui oui, il est même posé à l'entrée de son établissement, ce cher animal), une taverne bigarrée au bord du fleuve dans le quartier animé de Ribeira.


Une piscine de Porto Tonic pour l'apéro au Cafe Majestic

Ribeira, quartier animé au bord du Douro

 Il faut vraiment se balader le nez en l'air au gré des rues pour humer la ville et ses parfums, ses petits trésors cachés, ses façades en faïence (les azulejos).





 

La gare São Bento aussi est très jolie, avec son intérieur entièrement décoré de fresques historiques en faïence. Je suis vraiment une pince en photographie mais regardez sur Google images si jamais, c'est renversant!






 

Et les églises bien sûr, ma grande passion, où je dois absolument allumer une bougie quel que soit le pays que je visite!

Santo Ildefonso

Igreja das Carmelitas et son intérieur kitsch à souhait comme dans tous les pays catholiques du Sud
 
 


Nous avons aussi gravi les 225 marches de la Torre dos Clerigos, haute de 76 m (le plus haut clocher du pays) pour découvrir la vue à 360° sur la ville, magique...






La proximité du fleuve Douro rend la ville particulièrement pittoresque.





Il faut traverser le pont Dom Luis I et prendre absolument le téléphérique qui descend au quartier des fabricants de vin de Porto. Nous avons visité les caves de Sandeman, mais il y en a au moins douze autres. C'est passionnant, à faire absolument, y compris la dégustation! On peut aussi le faire version croisière si on a le temps.


 




Après toutes ces émotions, cela vaut encore la peine de sauter dans un taxi (par gain de temps, mais le tramway vintage est beaucoup plus aventurier!) pour aller boire une Superbock au bord de la mer (à 2-3 kilomètres) et profiter d'un apéro au soleil couchant. C'est très populaire, les gens se baladent le long de la plage sur un chemin bétonné, l'équivalent du lungomare italien...



 Outre les tramways que nous n'avons pas eu le temps d'expérimenter, on peut aussi visiter la ville en triporteur, spécial touristes!



 

Bref, Porto est une ville au charme désuet, très relaxante et très dépaysante, et pleine de surprises, comme cette exposition de véhicules de pompier de toutes les décennies depuis les années 20 je pense, sur la place Aliados, devant notre hôtel!





Pour l'hôtel justement, je n'ai pas de conseil, nous avions pris l'Hôtel Aliados, très bien centré et vraiment pas cher, et plus que correct pour le prix, mais un peu bruyant avec la proximité de la place justement et le trafic, plus quelques boîtes de nuit plutôt animées... Au minimum demandez une chambre sur l'arrière!

La vue depuis ma petite chambre monacale, de nuit sur l'Av. Dos Aliados, plutôt bruyante...

samedi 8 mars 2014

Des livres étonnants pour voyager dans le temps

Après avec affiché fièrement mes 5 ans de blog, j'ai évidemment laissé un nouveau laps de temps inadmissible avant de réussir à publier un nouveau billet. Surtout que là, je viens de passer une semaine à la montagne pour les vacances de Carnaval, mais entre le ski, les soirées raclette et les petits de ma soeur qu'il faut occuper, je n'ai pas eu des masses de loisirs... Quelques épisodes de séries en streaming le soir (je regarde en ce moment Orange is the new black, c'est génial) et quelques pages de lecture quand même. Voici donc une revue de mes trois derniers livres qui, pour une fois, ne sont pas des polars mais des récits de vie poignants qui se sont déroulés dans d'autres décennies que la nôtre...


Mon préféré: Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates. Londres, 1946, la ville se remet des blessures de la guerre. Juliet est une jeune écrivain de 33 ans, genre indomptable, qui a connu un certain succès avec des chroniques humoristiques durant la guerre. Elle cherche un nouveau sujet de roman plus sérieux. Ce livre rassemble ses échanges épistolaires entre Sidney, son éditeur et grand frère de coeur, Sophie, sa meilleure amie et soeur de Sidney et les habitants de l'île de Guernesey, les fameux amateurs d'épluchures de patates. Comment résumer cette étrange communauté? Des paysans, vieilles filles et autres excentriques réunis un soir autour d'un cochon grillé et d'une tourte aux épluchures de patates qui inventent cette histoire de cercle littéraire pour déjouer le couvre-feu instauré par les occupants allemands. La correspondance démarre autour d'un auteur plutôt confidentiel, Charles Lamb et se terminera... je ne vais évidemment pas vous le dire mais vous serez comme moi prise par cette histoire humaine à la fois toute simple et très érudite, où vous croiserez Jane Austen, les soeurs Brontë, Marc Aurèle ou Dickens. Ce roman a été écrit par une Américaine, Mary Ann Shaffer, née en 1934, qui s'est prise de passion pour les îles Anglo-Normandes. Sa nièce Annie Barrows, auteur de livres pour enfants, l'a aidée à le terminer quand sa santé a commencé à décliner. Il restera son unique roman: elle décèdera en 2008 peu après avoir appris sa publication et sa traduction en plusieurs langues. Une histoire en soi!
Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, Mary Ann Shaffer & Annie Barrows, éditions 10/18, 412 p.


Celui-ci, je l'ai acheté dans un kiosque de la gare de Lyon un jour en rentrant de Paris parce que je devais chroniquer un truc récent pour le boulot. J'avais noté le titre et retenu le design sympa de la couverture sans plus me rappeler vraiment de l'histoire. Je l'ai dévoré durant les quatre heures de trajet jusqu'à Lausanne, prise par cette biographie fantasmée de la légendaire gymnaste roumaine Nadia Comaneci. Ceux qui étaient devant leur poste en 1976 se rappellent sans doute la performance exceptionnelle de la toute jeune fille aux JO de Montréal, sanctionnée pour la première fois de l'histoire de la note maximale 10 (le panneau électronique fut d'ailleurs incapable de l'afficher). L'entraînement à la dure de la mini athlète de 14 ans et de ses consoeurs, dans la Roumanie communiste de Ceausescu, restera un mystère, tout comme la fuite de l'héroïne nationale vers les mirobolants Etats-Unis. Lola Lafon remplit les blancs en inventant une destinée, ponctuée d'échanges fictifs avec Nadia, installée outre Atlantique. L'auteur a elle-même grandi en Roumanie, donc on peut imaginer que la vérité n'est pas si éloigné de l'histoire romanesque sortie de son imagination. On se régale des anecdotes croustillantes, on tremble devant les barres parallèles et en se prend même à trouver du vrai dans les fondements de l'idéal communiste.
La petite communiste qui ne souriait jamais, Lola Lafon, Actes Sud, 317 p.



Celui-là fait partie des livres qui traînaient sur une pile depuis quelques temps, supplanté par d'autres lectures plus urgentes ou plus palpitantes (je me suis fait les quatre Jussi Adler-Olsen à la suite juste avant de me lancer enfin dans ce livre un brin intello). Yasmine Char vit à Lausanne où elle dirige le théâtre de L'Octogone (à Pully), c'est donc une personnalité locale mais je ne savais pas du tout ce que valaient ses oeuvres. J'ai bien aimé ce récit un peu triste de deux jumeaux, Fadi et Lila, qui choisissent de quitter leur Liban natal à l'âge de 18 ans pour la France de leur mère, repartie dans son pays alors qu'ils étaient petits. Dans le Paris des années 90, ils iront de déceptions en désillusions, unis par une passion destructrice puis séparés par deux visions du monde qui finiront par les éloigner à tout jamais. Difficile de résumer cette année inoubliable de leur vie, formatrice et cruelle, racontée dans une belle langue, sensible et forte, très empathique. A lire quand on n'a pas trop le blues soi-même. Quoi que.
Le Palais des autres jours, Yasmine Char, éditions Gallimard, 208 p.