lundi 11 août 2014

Roadtrip USA chapitre 5: Seattle


Deuxième partie de notre périple sur la côte Ouest, nous avons donc pris un vol interne de Las Vegas pour rejoindre Seattle, berceau du grunge de Nirvana et de Pearl Jam, plus grande ville de l'Etat de Washington, à deux-trois heures de route du Canada. L'idée était de louer une voiture et de sillonner la région, de Portland jusqu'à Vancouver mais finalement on a renoncé à la Colombie Britannique, trop loin, trop compliqué, trop dommage en une seule journée. Nous sommes restés très urbains, hélas, j'aurais bien aimé faire un peu de nature sauvage dans cette région magnifique qui parfois, me rappelait notre pays, le climat océanique en moins.


Vaste comme la Suisse, l'état de Washington est appelé the Evergreen State pour sa végétation riche, il y a d'ailleurs un parc national de Rain Forest à l'ouest de Seattle. La ville elle-même est en bord de mer mais quand même vachement dans les terres (voir la carte pour comprendre), avec des ponts partout qui traversent des bras de mer ou des lacs! La conséquence, c'est qu'il y pleut souvent, et on n'a pas eu trop de chance avec le temps, toujours un vilain crachin qui fait friser les cheveux et donne l'impression d'être en permanence humide! Il y a une chaine de montagne et derrière une zone plus arride. Dans les alentours, j'aurais bien fait un tour en ferry dans les îles San Juan, et l'île de Whidbey où vit Elizabeth George, une excursion au Mont Rainier, un volcan toujours en activité qui menace la ville, pas si éloignée, sous les faux airs tranquilles de son sommet enneigé. Les chutes d'eau de Snoqualmie aussi me tentaient, et les noms de villages (Oysterville!) et de réserves indiennes tout autour continueront à me faire fantasmer puisque nous n'avons pas eu le temps de les traverser, quatre jours passent à la vitesse de l'éclair, surtout quand on se perd tout le temps parce qu'on n'a pas pris de GPS pour faire des économies!!!!





On s'est donc concentrés sur les trucs touristiques de base, à commencer par Space Needle, la tour de 184 mètres construite pour l'exposition universelle de 1962. Dans ma liste des trucs cultes cinématographiques ou musicaux de la ville, il y avait ce monument au sommet duquel Jessica Alba aimait bien se réfugier et méditer sur le monde dévasté dans la série Dark Angel.
On le voit de partout en ville, bien pratique pour se repérer quand on a perdu le nord. On a fait la queue comme des touristes pour y monter, moyennant 28 dollars chacun mais la vue est sublime et on peut y rester tant qu'on veut. Bon à savoir: la montée en ascenseur est gratuite si on mange au restaurant panoramique qui est un étage sous la terrasse d'observation.

Space Needle vue d'en-bas.

Vue sur la ville et le port depuis le sommet de Space Needle.


L'autre attraction touristique de masse, c'est Pike Place Market, un marché public de poissons (sympa pour y manger sur le pouce un truc venu de la mer) et d'échoppes d'artisanat baba cool et de curiosités. On a vite faite le tour et on s'est posé au Starbucks du coin, le premier historique de la chaîne de cafés, née donc ici même, à Seattle.



Autour du marché, plein de restaurants sympas mais sans doute un peu attrape-touristes!






C'est désormais un tradition: l'automate diseur de bonne aventure du coin!



La ville n'est pas grande et très bien desservie par les transports publics mais la voiture de location n'était pas un luxe, histoire de pouvoir flâner... et se perdre. En errant dans certaines rues très résidentielles, j'ai aussi pensé très fort à la maison de Meredith dans Grey's Anatomy, série qui se passe à Seattle. On n'a pas trop eu le temps de faire du shopping mais on a quand même trouvé, après moult culs de sac, le magasin de gadgets de nerds Archie McPhee, une institution, dans un quartier au Nord, de l'autre côté d'un bras de mer appelé Lake Union. Le coin avait l'air bien sympa aussi, Fremont, entre Ballard et University District. On s'est aussi bien pris le chou à essayer de travers la baie pour West Seattle, et finalement on s'est arrêté au premier restaurant de seafood, sans doute pas le meilleur, Salty's, mais avec une vue magique sur la ville. On continuant en direction d'Alki Beach, je pense qu'on aurait vu d'autres merveilles de paysage et peut-être aussi la maison d'Eddie Vedder, le chanteur de Pearl Jam, qui y vit toujours.

Vue sur Elliott Bay depuis le restaurant Salty's.

Les gros bateaux qui se dirigent vers le port.
By night.
Downtown, on a passé beaucoup de temps dans un sports bar qui avait du wifi, diffusait les matchs de la Fifa World Cup (hé oui...) et offrait une nourriture plus que correcte par rapport à ce que j'avais mangé ailleurs. A l'immense salle de jeux attenante, je suis retombée en enfance (la honte à 40 ans de dégommer des ennemis à la kalachnikov comme Rambo). J'ai fini sur une machine japonaise où je devais taper en rythme sur deux tambours pour tuer des petits vers, j'ai rien compris mais c'était très défoulant! On a fait un tour au mini mall de Westlake, dont la boutique la plus attrayante vendait des objets japonais au prix unique de 1$50. On en a dépensé 60, c'est vous dire si on a aimé.


Tout à 1 $ 50 chez Daiso!!!

Notre hôtel était vintage à souhait et très bien situé dans le Lower Queen Anne. Les prix des hôtels à Seattle sont très élevés, il est difficile de trouver une chambre potable à moins de 200 dollars et le peu d'établissement est très vite complet. J'ai trouvé que le Inn at Queen Anne était un bon compromis. Certains commentaires de booking.com laissaient entendre que c'était un taudis mais non, juste un hôtel typé dans un style d'après-guerre que personnellement je trouvait délirant. Il y avait une kitchenette et un dressing dans la chambre, une buanderie au sous-sol qui nous a permis de rafraîchir nos affaires. Grâce au supermarché voisin, j'ai pu m'approvisionner en fruits, smoothies, yogurts au granola, earl grey et babybel, le paradis pour moi qui est tant souffert de ne pas avoir de vrais petits déjeuners (mon bonami n'a jamais faim le matin et il dort de toute façon jusqu'à midi, même en voyage....). On avait aussi un diner rock'n'roll génial au coin de la rue, le Mecca Café (since 1929!) et un Tiki Bar, juste un peu plus bas, c'était PARFAIT.

Robinet, ampoules, ventilateur, lampe Tiffany, la déco date de l'après-guerre au Inn at Queen Anne.
La terrasse vintage elle aussi du Inn at Queen Anne.
Avec un peu de chance, vous verrez Space Needle depuis la fenêtre de votre chambre!
Hula Hula Tiki Lodge, avec ses cocktails fumants, sa déco polynésienne, et son karaoké!






Pardon pour la piètre qualité des photos mais comme dans tous les bars tiki, il faisait très sombre!

Côté vie nocturne, ma copine M. qui avait vécu à Seattle m'avait fait une liste incroyable de tous les spots à ne pas manquer, ainsi que toutes ses bonnes adresses diverses, friperies, galeries, librairies etc. Cela nous a bien aidé, même si on n'a de loin pas eu le temps de toutes les tester. On a quand même bu un verre chez Linda's Tavern, qui est selon la légende le dernier bar où Kurt Cobain a été aperçu vivant, dans le quartier cool de Capitol Hill. Bon l'endroit est désormais plus hipster que grunge mais c'est normal, les temps changent. Plus bas, à Belltown, entre Queen Anne et Downtown, il y avait un petit coin bien sympa sur 2nd Avenue où on a traîné au Shorty's, un bar entièrement dédié au flipper, il y en a une vingtaine dans l'arrière salle et toute la déco s'en inspire, y compris les tables en alcôve en face du bar. A côté, le Lava Lounge, un autre bar polynésien, et encore plus loin Mama's Mexican Kitchen nous tendait les bras avec ces tacos et guacamole. On a préféré manger japonais en face pour trois fois rien dans une cantine boisée design que j'imagine très proche de celles qu'on trouve à Tokyo!

Le bar de Linda's Tavern, où Brigitte Bardot (?) côtoie une tête de bison.

Shorty's.




Les tables flippers de Shorty's.






On a encore flâné à pied en direction du centre historique, Pioneer Square, hommage aux indiens qui étaient là en premier, le nez en l'air pour voir l'architecture moderne et ancienne se mélanger harmonieusement. En chemin, une mission religieuse, un magasin de jouets incroyable, une boutique pour pin-up vintage, une gare jolie, un prêteur sur gages, et beaucoup, beaucoup de Starbucks partout!

Totem ramené d'Alaska. Sur la place, le buste du chef indien Sealth qui donne son nom à la ville.






King Street Station.


Ah oui, et dans les trucs cool qu'on a fait pendant ces quatre jours, on a vu l'équipe de baseball locale, les Mariners, affronter les Yankees de New York, au stade de Safeco Field. C'était drôle, surtout pour l'ambiance, les chants patriotiques au début, le lancer de la balle par une star du R&B, le shop de merchandising officiel, la bière hors de prix, les stands de Garlic Fries, Hot Dogs et autres curiosités à manger et à boire comme le sodo yogo (no comment, je ne vous mets pas la photo de bonami devant l'enseigne dans une drôle de position...)





Voilà, après un dernier brunch au Mecca Café, nous avons repris notre Jeep Compass (la même qu'en Californie mais d'une autre couleur) direction le sud et Portland, de laquelle nous attendions beaucoup.....

samedi 26 juillet 2014

Roadtrip USA chapitre 4: Las Vegas


Aaaaah, Las Vegas, la ville du péché, une aberration qui a poussé au milieu du désert, allez savoir pourquoi.... Je l'adore pour son imagerie soooooo vintage and sooooo american, mais je ne peux m'empêcher de trouver ça fou, rien que du point de vue écologique.... Avec le nombre de touristes qui y séjournent et qu'il faut bien nourrir, c'est ridicule, tout est acheminé par camion ou par avion, fruits, légumes, poissons, c'est complètement absurde, mais bon.... Et comme partout ailleurs, nous avons laissé des tonnes de nourriture dans nos assiettes car les portions servies dépassent complètement le niveau de la raison, c'est déprimant. Et j'ai été très, très malade, sans doute aussi à cause du choc des températures, 41° dans la rue, 18 à l'intérieur, je n'ai fait que mettre et enlever ma jaquette et mon foulard en passant de l'un à l'autre pour éviter l'angine.... Mais bref, reprenons le fil de notre road trip.





Nous avons donc quitté un lundi matin la douce ville de Long Beach direction Las Vegas par la freeway numéro 15, à travers le désert Mojave. C'est long, 435 kilomètres de ligne droite à travers des paysages plutôt pelés! Je voulais m'arrêter au Peggy Sue's Diner que j'avais vue sur le blog d'Eléonore Bridge. J'avais compris qu'il était DANS Calico Ghost Town, une espèce de village fantôme genre décor de western abandonné, mais ceci est une attraction (payante). Le diner lui est simplement sur l'ancienne route 66, parallèle à la freeway, donc il faut sortir de l'autoroute, suivre les panneaux et vite se réfugier dans cet oasis fifties au milieu de la fournaise. Outre le restaurant bien kitsch avec ses serveuses plus très jeunes en uniforme turquoise, le lieu propose un "pizza parlor" et une boutique de souvenirs liés au cinéma, ainsi qu'un comptoir à glaces. Et un Elvis diseur de bonne aventure (on a pris un ticket, il y avait nos lucky numbers, utiles pour le casino). Mais il a oublié de nous prévenir qu'on allait se faire arrêter par la police pas longtemps après pour excès de vitesse (mon bonami se croit toujours dans un jeu vidéo quand il conduit). Pas réussi à prendre en photo le flic avec son chapeau et ses Ray-Ban, faut dire que je faisais pas trop la maligne, mais bon, on s'en est sorti avec un avertissement, pas de mains sur le capot ni de menottes, ouf, pas même une amende, merci la bonne étoile de bonami!




Il faut donc environ 4h30 pour arriver à Las Vegas. On a fait deux fois le tour du Strip en voiture pour admirer tous les hôtels mythiques, le New York New York, le Paris, Excalibur, Luxor, Ceasar's Palace, Venetian, le Bellagio, son lac et ses hallucinantes fontaines qui font le show plusieurs fois par heure, comme le Mirage et son volcan qui s'enflamme deux fois par soir. J'ai eu en choc en voyant un immense trou à la place de l'hôtel Sahara où j'avais dormi lors de mon premier voyage. Y'a plus! Ca n'arrête pas de construire, de bouger, c'est fou. L'attraction des bateaux pirates au Treasure Island était aussi à l'abandon, tout fout le camp, dommage, j'avais beaucoup aimé.

Le New York New York est entièrement traversé par un roller coaster. Burp.





Le faux Grand Canal du Venetian, on s'y croirait.

Nous avions réservé deux nuits à un prix ridicule (79$) au Flamingo, le plus vieil hôtel du Strip, construit en 1946 par le gangster Bugsy Siegel et ses associés mafiosi. Son univers tropical peuplé de flamants roses (vivants!) m'a immédiatement plus, et son célèbre restaurant Margaritaville encore plus. On y a pris un apéro en arrivant le premier soir, deux margaritas classiques (alors qu'il y en a 14 différentes sur la carte ou un truc du genre) avec une assiette de nachos volcano, inutile de dire qu'on avait mangé jusqu'au lendemain!



Le biotope de l'hôtel qui abrite flamants roses, oiseaux exotiques, poissons et tortues.
Vue sur la plus grande roue du monde, 167m de haut, depuis le 27e étage de l'hôtel Flamingo.


Vue nocturne de la baie vitrée de notre chambre.



 

En vérité cette petite ville m'a donné le tournis et je ne me suis pas sentie très bien. La chambre, immense, au 27e étage, offrait une vue magnifique mais elle ne sentait pas très bon, et finalement il y avait tellement de restaurants qu'on ne savait pas où manger. J'ai souffert de ne pas avoir de bons petits-déjeuners, et j'ai même vomi mon souper du Hash House à Go Go (des pennes au blanc de poulet à la sauge, selon la carte, un truc infâme baignant dans une sauce écoeurante avec 1 kilo de poulet pané par dessous, rien que d'y penser mon estomac se révulse à nouveau). On aurait dû peut-être rester au restaurant japonais mais les prix étaient complètement prohibitifs et manger des sushis dans le désert, je ne sais pas mais ça me heurtait.

Bon appétit!

J'ai eu aussi très peur de finir sur la paille car mon bonami aime le jeu. Mais avec Jupiter en carré, il n'avait aucune chance de gagner! Il a néanmoins eu du plaisir à s'essayer à la roulette et au black jack avec des vieux en chemise hawaïenne qui l'appelaient "buddy", clope au bec (oui, les casinos sont fumeurs), whisky à la main (boissons gratuites aux tables de jeu), jusqu'à pas d'heure (les casinos sont ouverts 24h sur 24). C'est la ville de la perte pour les accros... Le casino du Flamingo fait 7000 m2, vous imaginez? Bref, on a perdu quelques centaines de dollars quand même, ouch!


J'ai passé une après-midi à la piscine de l'hôtel mais ce n'était pas comme sur les photos. Il y avait tellement de gens bourrés avec de la musique à fond genre MTV The Grind, cela m'a légèrement gâché mon plaisir. Je n'ai trouvé que tardivement, en allant aux toilettes, l'autre bassin plus calme, le Beach Club Pool, où je me suis sirotée deux Mai Tai sur ma chaise longue, avec mon livre et mon iPod. Ouf! J'ai entendu une cérémonie de mariage à la chapelle qui était derrière les arbres, avec Céline Dion pour musique, ça m'a foutu le blues, moi qui rêvais de me marier incognito à Vegas!


J'ai erré longtemps dans les deux boutiques de souvenirs de l'hôtel, celle des flamants et celle de Margaritaville, sans rien acheter malgré la pléthore de gadgets, T-shirts, linges, tasses, shakers etc, mais trop, comme d'hab!!!! On a fait en revanche un tour au Bonanza Gift Shop, le plus grand du monde, avant de partir. J'y ai trouvé deux trois babioles, des boules de Noël notamment, et surtout, le magnet parfait pour moi qui résume mon état d'esprit en voyage....




Bref, deux nuits étaient amplement suffisantes dans cette ville de perdition. On dit que ce qui se passe à Vegas reste à Vegas. J'ai beaucoup ri en voyant le slogan modifié sur un T-Shirt au Bonanza: What happens in Vegas will stay for ever on Facebook and YouTube! C'est pas faux!




On a rendu la voiture à l'aéroport avant de prendre l'avion pour Seattle. On y mangé un excellent hamburger dans un adorable diner, mon deuxième burger seulement du séjour après plus de 10 jours, et je me suis dit que je ferais mieux de ne manger que ça, plutôt que de vouloir bien faire... et d'être malade! L'aéroport Mc Carran de Las Vegas est un parc d'attraction comme le reste de la ville, il y avait même un distributeur de produits Benefit! I love it.