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jeudi 10 septembre 2009

J'ai dormi à la Clinique La Prairie (3)

Encore troublée par ma discussion avec Dr Wälli (le médecin chef de la clinique), je me rends à mon rendez-vous suivant dans les cuisines. Le chef Jean-Bernard Muraro, découverte de l’année 2003 avec l’Atelier Gourmand du Louis à Lausanne, 14 points au Gault & Millau, m’explique le plaisir qu’il a à mitonner des menus raffinés et diététiques, adaptés au régime de chaque «patient», sans gluten, sans lactose, sans ail etc… Du sur-mesure gastronomique!
J’expérimente dans la foulée son menu de midi léger (succulente soupe froide à la tomate, bourride de lotte puis coupe de framboises, glace vanille) en déjeunant sur la terrasse. J’observe à la dérobée les autres pensionnaires et me plais à imaginer leur vie, ici, sous le soleil de la Riviera vaudoise en cette fin août. Un couple de jeunes Chinois, l’air un peu coincé, un autre couple de Sud-américains plus âgés, plus snobs aussi, une jeune maman russe accompagnée d’une babouchka qui ne lui ressemble pas du tout (sa belle-mère?) et de deux nounous! Des hommes seuls, japonais, français, américains, jeunes, moins jeunes, l’air d’avoir réussi dans la vie…
Après le déjeuner, place à la partie active de mon séjour: un cours de Pilates avec Evelyne, impitoyable, puis une heure avec François, manager du spa et du fitness qui me fait un bilan «forme» comme pour tous les clients. Le test d’impédance mesure mes taux de graisse un peu partout dans mon corps puis un autre test sur un vélo indique mon niveau d’endurance. Je vous passe mes résultats lamentables, je ne suis pas là pour ça. Il me concocte un programme de remise en forme personnalisé et veut me revoir dans un mois. C’est cela, oui.
Dernière étape, un soin du visage très haut de gamme avec «repassage» de mes rides aux microcourants (trop trash pour mon fragile teint de porcelaine), projection de CO2 puis masque au collagène. Heureusement que Mireille l’esthéticienne a mis du Billie Holiday en musique de fond car je trouve le temps bien long et le traitement peu agréable. J’en ressors néanmoins avec la mine rosée et les traits détendus. Une dernière tasse de thé en peignoir et je rends les clés de mon petit paradis d’un jour. Me revoilà à l’arrêt de bus devant la clinique avec mon sac de voyage, des impressions plein la tête de ces étranges 24 heures au pays du wellness 5 étoiles. Et surtout la ferme intention de prendre d’avantage soin de moi!

samedi 5 septembre 2009

J'ai dormi à la Clinique La Prairie

Parfois dans mon métier, je dois faire des sacrifices. Comme partir en reportage loin de mon conftable et rassurant foyer. Par exemple à la Clinique La Praire à Montreux. Cet emblème du luxe helvétique accueille dans ses murs discrets les nantis du monde depuis 75 ans pour des cures de revitalisation très spéciales à base de cellules fraîches de fœtus de mouton (dès 19'420 francs la semaine). Me voilà donc invitée à passer une nuit dans ce haut lieu du bien-être et à en découvrir tous les secrets.
Je débarque un lundi soir à 18 h, en bus depuis la gare (pas très VIP). J’ai à peine le temps de prendre possession de ma suite (un appartement un rien bling bling au dernier étage du centre médical) que Panipa m’attend au Spa pour un massage thaï. Elle me fait craquer comme dans la pub pour les chips, martèle mon dos avec ses coudes et me malaxe la nuque avec les poings. Comment une bonne femme aussi minuscule peut-elle me faire autant mal? J’implore sa pitié, elle rit. Le temps de retrouver mes esprits et c’est déjà l’heure de dîner avec Yael, l’attachée de presse de la Clinique depuis 7 ans. Blonde, athlétique, naturelle et pimpante dans sa robe turquoise, elle est à l’image de l’endroit, efficace sans artifice, compétente et sympathique. Nous choisissons nos menus sur des feuilles volantes: une rose pour le menu normal et une bleue pour les mêmes plats mais allégés, sur une base de 1200 calories par jour (contre 2000 pour le normal). Rosace de Saint-Jacques sur caviar d’aubergine au piment d’Espelette, brochette de kangourou au romarin, purée de vitelotte (pomme de terre violette), crème de soja au paprika, julienne de champignon et légumes, jamais la diététique n’a été aussi appétissante. Je me régale, avec bien sûr un dessert pour clore le festin, un palet de fraise avec velouté à l’orange. J’aurais bien prolongé la soirée avec un verre au bar mais à la clinique la Prairie, on se couche tôt et l’alcool est rare (mais pas interdit)! Je passe donc la fin de soirée à zapper sur des séries télé depuis mon lit à télécommande (pour remonter le dossier, surélever les jambes). (à suivre)